Voitures de collection : Spécificités d’importation et d’exportation en Belgique
On va être francs, l’odeur du vieux cuir, le rugissement d’un moteur d’antan, le coup de foudre pour une ligne qui ne se fait plus… ça, c’est une affaire de passion. Nous, les Belges, on a ça dans le sang, non peut-être ? Que ce soit une belle Triumph Spitfire, une Porsche 911 des premières séries, ou même une vaillante Coccinelle, nos routes voient circuler des trésors. Mais quand l’objet de vos désirs se trouve à l’étranger, ou que vous voulez vendre votre pépite à un acheteur au-delà de nos frontières, les choses se corsent un peu. On ne parle pas juste d’acheter un paquet de frites à la meilleure friterie du coin, hein. Il y a des démarches, des papiers, des règles bien belges.
Importer ou exporter une voiture de collection, ce n’est pas la même limonade que pour une voiture moderne. Loin de là ! Et ici, en Belgique, on a nos petites particularités qui peuvent faire toute la différence. Je vous propose qu’on fasse le tour ensemble, histoire de ne pas vous retrouver avec une galère sur les bras. On va détailler ça, étape par étape, pour que votre rêve motorisé ne tourne pas au cauchemar administratif. Si vous cherchez une vue d’ensemble plus générale sur les démarches, notre guide complet sur l’ Importation et Exportation Voiture Belgique est un bon point de départ.
Pourquoi j’importerais une voiture de collection en Belgique ? On a pourtant de belles autos ici !
C’est vrai, notre plat pays regorge de magnifiques véhicules. Mais parfois, le Graal n’est pas chez nous. Un collectionneur me disait encore l’autre jour : « J’ai cherché une Ford Capri RS 3100 pendant des années en Belgique, introuvable ou à des prix stratosphériques. » Il l’a finalement trouvée en Allemagne, dans un état impeccable, et pour un prix bien plus raisonnable. C’est ça, la réalité. Le marché est mondial.
On importe pour plusieurs raisons. Déjà, la rareté. Certains modèles n’ont tout simplement jamais été vendus ici, ou en très peu d’exemplaires. Ensuite, le prix. La concurrence est forte à l’étranger, et parfois, une excellente affaire se présente à Paris, Amsterdam ou même au-delà de l’Atlantique. Et puis, il y a l’état. Les voitures venant de pays chauds et secs (on pense au sud de la France, à l’Italie ou même aux États-Unis) sont souvent moins touchées par la rouille. C’est un argument de poids quand on parle d’anciennes, croyez-moi ! Je me souviens d’une Pontiac GTO de ’67 qui a fait le voyage depuis la Californie jusqu’à Liège. Pas un point de rouille. Un véritable exploit pour une voiture de cet âge.
L’importation de votre trésor : un parcours balisé, mais tortueux
Alors, vous avez trouvé la perle rare, félicitations ! Maintenant, il faut la faire venir et la faire rouler légalement chez nous. Et là, c’est là que le « spécifique belge » entre en scène.
La case Douanes : le statut « véhicule de collection » n’est pas qu’un mot
C’est le premier gros morceau. Quand votre voiture arrive en Belgique, surtout si elle vient d’un pays hors Union Européenne (les USA, le Royaume-Uni après le Brexit, etc.), elle doit passer par la douane. Et là, le statut de « véhicule de collection » est fondamental.
Pour qu’un véhicule soit considéré comme tel par les Douanes belges (et européennes), il doit avoir plus de 30 ans, ne plus être produit, et son état doit être d’origine ou restauré mais sans modifications majeures de ses caractéristiques essentielles. L’intérêt ? La TVA ! Pour un véhicule de collection importé de l’extérieur de l’UE, le taux de TVA est réduit à 6% au lieu des 21% habituels. Une sacrée différence sur un beau joujou à plusieurs dizaines de milliers d’euros, n’est-ce pas ?
Vous devrez présenter les documents d’achat, la preuve de l’âge du véhicule, et remplir une déclaration spécifique (le fameux document E705, souvent). C’est la base. Sans ça, pas de « vignette 705 » ni d’immatriculation possible. Et attention aux erreurs ! Une mauvaise déclaration, et on peut vite se retrouver à payer plein pot.
L’homologation et le Contrôle Technique : le passage obligé
Une fois sortie des douanes, votre ancienne doit passer par la case homologation. Mais pour les voitures de collection, c’est plus souple que pour un véhicule moderne. Pas besoin de certificat de conformité (COC) européen si le véhicule a plus de 30 ans. C’est une excellente nouvelle, car obtenir un COC pour une vieille Américaine, c’est souvent mission impossible.
Ensuite, direction le contrôle technique. Un Contrôle Technique « Oldtimer », c’est différent. Ils vérifient l’identification du véhicule, les freins, la direction, les feux, l’état général. Ils sont plus indulgents sur certaines normes environnementales ou de sécurité active qui n’existaient pas à l’époque, évidemment. Mais la voiture doit être sûre ! J’ai vu des gars se casser le nez avec des vieilles guimbardes qui ne freinaient plus. Sécurité d’abord, on ne rigole pas avec ça.
Si tout est bon, vous recevez votre demande d’immatriculation. Et là, vous pouvez choisir la fameuse « plaque O ».
La Plaque « O » : liberté encadrée
La plaque « O » est un avantage pour nos collectionneurs. Elle offre une taxe de circulation annuelle réduite (environ 40-50€ en Wallonie et à Bruxelles, un peu plus en Flandre, les tarifs exacts évoluant chaque année, mais restent très abordables en 2026). Cependant, elle vient avec ses propres règles. Le véhicule avec une plaque « O » ne peut pas être utilisé pour des déplacements domicile-travail, des trajets commerciaux ou du transport rémunéré. C’est une voiture pour le loisir, les balades, les événements. En gros, si vous allez chercher vos enfants à l’école avec votre magnifique DS21 Pallas sur plaque O, il y a un risque. Soyons clairs : la police ferme souvent les yeux pour de petits trajets, mais la loi est la loi. C’est une question d’appréciation et de bon sens.
Pour immatriculer votre véhicule à la DIV, il vous faudra :
- Votre demande d’immatriculation fournie par le contrôle technique.
- La vignette 705 des douanes.
- La preuve d’assurance spécifique « oldtimer ».
C’est souvent une assurance moins chère, car le risque est moindre vu le kilométrage annuel généralement faible. Pensez à bien vous renseigner auprès d’assureurs spécialisés.
Vous l’aurez compris, l’importation demande de la rigueur. Mais avec les bons papiers et un peu de patience, votre voiture de rêve sera bientôt sur nos routes. Et si vous avez besoin d’aide pour le transport lui-même, savoir comment choisir un bon prestataire, c’est une autre paire de manches. On en parle plus en détail dans notre article sur le Transport de véhicules importés : Choisir le bon prestataire en Belgique.
Et si je veux exporter mon bolide belge ?
Parfois, on veut céder sa belle mécanique. Que ce soit pour faire de la place dans le garage, financer un nouveau projet, ou tout simplement parce qu’un acheteur étranger a mis le paquet. L’exportation depuis la Belgique, c’est une autre histoire, souvent plus simple que l’importation, mais qui demande aussi ses petites étapes.
La radiation de la plaque : le grand départ
La première chose à faire, c’est de radier votre plaque d’immatriculation belge auprès de la DIV. Vous renvoyez la plaque arrière (la plaque européenne, pas la petite plaque avant personnalisée) à la DIV. C’est fait dans les règles de l’art. Une fois que c’est fait, votre véhicule n’est plus immatriculé en Belgique. Vous recevrez une preuve de radiation, essentielle pour l’acheteur et pour vos assurances.
Si l’acheteur étranger veut ramener la voiture par la route, il devra demander des plaques temporaires, souvent appelées « plaques de transit ». Ce sont des plaques spécifiques pour l’exportation, valables un mois, qui permettent au véhicule de rouler légalement jusqu’à sa destination finale. C’est une démarche distincte qu’il faudra bien coordonner avec l’acheteur. On a même un article dédié à ça : Exporter sa voiture de Belgique : Les démarches simplifiées.
Les douanes à l’exportation : moins de tracas pour l’UE
Si votre acheteur est dans l’Union Européenne, les démarches douanières sont quasi inexistantes. C’est la beauté du marché unique ! Vous vendez la voiture, vous radiez votre plaque, et l’acheteur s’occupe de l’immatriculer dans son pays. Il devra juste prouver l’origine du véhicule et son achat.
Par contre, si vous exportez en dehors de l’UE (par exemple, vers la Suisse, le Canada ou les États-Unis), il y aura des formalités douanières à remplir. Une déclaration d’exportation sera nécessaire pour prouver que le véhicule quitte le territoire douanier européen. C’est souvent le transporteur qui s’en occupe, mais assurez-vous que tout est en ordre pour éviter des blocages à la frontière.
Fiscalité et aspects pratiques en 2026 : un coup d’œil avisé
La Belgique, on le sait, est un pays où la fiscalité peut être… disons, inventive. Heureusement pour les voitures de collection, nos législateurs sont plutôt bienveillants.
La taxe de circulation : comme on l’a dit, elle est très basse pour les véhicules sous plaque « O ». C’est un avantage non négligeable. Par contre, si vous avez un ancêtre mais que vous choisissez de l’immatriculer en plaque normale (pour des raisons d’utilisation intensive, par exemple), vous paierez la taxe de circulation classique, souvent bien plus élevée.
L’éco-malus / taxe de mise en circulation : Bonne nouvelle ! Pour les véhicules de collection de plus de 30 ans, ces taxes sont généralement très faibles voire inexistantes. C’est un réel coup de pouce pour les passionnés.
Je vous conseille toujours de vérifier les dernières mises à jour sur les sites du SPW Fiscalité (Wallonie), de Bruxelles Fiscalité ou de la Vlaamse Belastingdienst (Flandre) car ces règles peuvent subtilement évoluer d’année en année. Mais en 2026, la tendance reste très favorable aux oldtimers.
Où acheter ou vendre sa voiture de collection en Belgique ?
Il y a bien sûr les petites annonces en ligne, mais aussi des événements dédiés. Je pense au Zoute Grand Prix, qui devient une institution, aux bourses d’échange, ou aux ventes aux enchères spécialisées. Des garages comme Oldtimerfarm en Flandre sont des références. Pour la Wallonie, on a aussi de beaux événements comme Spa Six Hours. C’est là qu’on sent l’ambiance, qu’on échange des tuyaux et parfois, qu’on trouve la perle rare ou l’acheteur idéal.
Mon avis de passionné (et de réaliste)
Importer ou exporter une voiture de collection, ce n’est pas un sprint, c’est un marathon. Ça demande de la patience, de la rigueur et de la documentation. Ne bâclez jamais les papiers. Un simple formulaire mal rempli peut vous coûter des semaines de retard, et parfois, un aller-retour en vain à la DIV ou aux Douanes.
N’hésitez pas à demander de l’aide à des professionnels. Un bon transitaire si vous importez de loin, un garage spécialisé dans les oldtimers pour la partie technique, un courtier en assurances. Ils connaissent les rouages et peuvent vous faire gagner un temps précieux et éviter des erreurs coûteuses. J’ai un ami qui a importé une Fiat 500 D de 1964 d’Italie, il a fait toutes les démarches lui-même. Ça lui a pris deux mois. Il s’est arraché les cheveux pour un document qui manquait, mais il est fier de l’avoir fait !
En conclusion, la Belgique est un pays de passionnés d’ancêtres, et la législation, si elle est spécifique, reste relativement favorable. Avec les bonnes informations, importer ou exporter votre voiture de collection sera une formalité et non un obstacle insurmontable. Alors, prêts à faire ronronner votre prochaine acquisition sur nos belles routes ? N’oubliez pas non plus que nous avons d’autres guides pratiques, notamment si vous envisagez d’importer une voiture plus récente d’un pays voisin, comme dans notre Guide Complet pour Importer une Voiture d’Allemagne en Belgique. Il y a de quoi faire !
