Une batterie stocke du courant continu, ou DC. Le réseau électrique fournit du courant alternatif, ou AC. En recharge AC, le chargeur embarqué de la voiture réalise la conversion. En recharge DC, cette conversion se fait dans la borne, qui alimente directement la batterie. Cette différence explique la puissance, le coût de l’équipement et une partie des pertes.
Le bon choix n’oppose pas deux technologies. Pour une voiture qui reste plusieurs heures au même endroit, l’AC est généralement adapté. Pour poursuivre un long trajet après une courte pause, le DC est plus logique. La puissance inscrite sur la borne n’est jamais une garantie : la voiture, la température et l’état de charge fixent ce qu’elle accepte réellement.
AC et DC : la différence en pratique
Une borne AC à domicile ou en voirie fournit souvent 3,7, 7,4, 11 ou 22 kW. La limite réelle est la plus faible des trois valeurs suivantes : puissance disponible au raccordement, puissance de la borne et puissance du chargeur embarqué. Une voiture limitée à 11 kW ne chargera donc pas à 22 kW sur une borne AC de 22 kW.
Une borne DC contourne le chargeur AC embarqué et peut annoncer 50, 150, 300 kW ou davantage. La batterie ne reçoit son pic que dans une fenêtre favorable. Une courbe de charge baisse généralement lorsque la batterie se remplit. Comparer deux voitures uniquement sur leur pic ignore le temps maintenu à forte puissance.
| Usage | Type conseillé | Pourquoi | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Nuit à domicile | AC sur wallbox | Temps disponible long | Installation et circuit adaptés |
| Journée au travail | AC | Recharge pendant le stationnement | Partage de puissance entre bornes |
| Courses ou rendez-vous | AC ou DC modéré | Dépend de la durée de l’arrêt | Tarif et frais d’occupation |
| Long trajet | DC rapide | Récupérer beaucoup d’énergie en peu de temps | Courbe de charge et batterie préconditionnée |
Synthèse VoitureBelgique.com à partir des principes techniques décrits par FEBIAC et des mesures ADAC.
Les pertes mesurées sur prise et wallbox
L’ADAC a chargé cinq modèles de 10 à 90 %, avec une batterie maintenue entre 20 et 30 °C. Les essais AC ont comparé une prise domestique à 2,3 kW, une simulation photovoltaïque à 4,1 kW et une wallbox à la puissance maximale. Toute énergie prélevée au réseau mais indisponible pour rouler est comptée comme perte.
Le résultat ne justifie pas le raccourci « une voiture électrique perd 24 % sur prise ». Le maximum de 24,2 % concerne seulement la Mercedes CLA 350 EQ de cet échantillon. Les quatre autres voitures se situent entre 12,7 et 15,3 %. Sur wallbox, les cinq résultats descendent entre 5,1 et 7,0 %.
| Modèle testé | Prise 2,3 kW | Simulation solaire 4,1 kW | Wallbox 11 kW | Wallbox 22 kW |
|---|---|---|---|---|
| Mercedes CLA 350 EQ | 24,2 % | 12,8 % | 6,9 % | Non compatible |
| Renault 5 E-Tech | 13,7 % | 8,0 % | 5,1 % | Non compatible |
| Tesla Model Y | 12,7 % | 9,4 % | 6,1 % | Non compatible |
| Volvo EX30 | 14,2 % | 9,1 % | 7,0 % | 6,7 % |
| Volkswagen ID.7 | 15,3 % | 10,6 % | 6,9 % | Non compatible |
Source : étude ADAC du 6 août 2026. Ces résultats décrivent cinq modèles et ne constituent pas une moyenne de toutes les voitures électriques.
Pourquoi une recharge lente peut perdre davantage
Pendant la charge, la voiture alimente son électronique, ses pompes et parfois la gestion thermique. Une session lente dure plus longtemps, donc ces consommations fixes pèsent davantage par kilowattheure stocké. Le chargeur embarqué peut aussi être moins efficace loin de sa puissance optimale. Le câble et l’installation ajoutent leurs propres pertes.
Le cas de la Mercedes de l’étude s’explique notamment par une intensité limitée à 8 ampères sur prise, contre 10 ampères pour le protocole des autres modèles. Cela allonge la session. À l’inverse, une wallbox réduit le temps de fonctionnement des systèmes auxiliaires. Les pertes ne disparaissent pas, mais leur proportion baisse.
Calculer un temps de charge sans se tromper
Le calcul de base est simple : énergie à ajouter divisée par puissance moyenne. Pour une batterie utile de 60 kWh qui passe de 20 à 80 %, il faut stocker 36 kWh. À 7,4 kW constants, le minimum théorique est de 4 h 52. Avec 8 % de pertes, le prélèvement approche 39,1 kWh et la durée réelle dépasse 5 heures.
En DC, utiliser le pic dans cette formule surestime la vitesse. Une voiture annoncée à 150 kW ne reste pas nécessairement à 150 kW pendant toute la session. Le temps officiel de 10 à 80 %, lorsqu’il existe dans des conditions précisées, est souvent plus utile que le seul maximum. Une borne occupée ou limitée par le site peut encore réduire la puissance.
Sécurité à domicile en Belgique
Le Règlement général sur les installations électriques impose des prescriptions spécifiques aux bornes pour véhicules électriques. Une borne fixe doit disposer d’un circuit dédié et de protections adaptées. Son raccordement permanent ne se réalise pas au moyen d’une prise ordinaire. Une modification importante de l’installation peut nécessiter un contrôle de conformité.
Une prise domestique peut servir avec le câble prévu par le constructeur, mais elle ne devrait pas devenir une solution permanente sans évaluation de l’installation. Évitez les rallonges et multiprises. Faites contrôler la prise, le circuit et la mise à la terre par un professionnel lorsque la charge est fréquente ou prolongée.
La stratégie la plus efficace au quotidien
Chargez principalement en AC lorsque la voiture stationne longtemps et réservez le DC aux déplacements qui exigent un arrêt court. Programmez la charge pour qu’elle se termine près de l’heure de départ si le constructeur le recommande. En hiver, lancez le préconditionnement de la batterie avant une borne rapide lorsque la voiture le permet.
Pour comparer les coûts, relevez le prix complet affiché par l’opérateur, y compris d’éventuels frais de session ou d’occupation. À domicile, partez du prix réel de votre facture et ajoutez les pertes. Les anciens avantages fiscaux ne doivent pas être supposés actifs : vérifiez toujours la situation actuelle auprès du SPF Finances ou de votre comptable.
- Vérifier la limite AC du chargeur embarqué avant d’acheter une wallbox.
- Comparer le temps de 10 à 80 % plutôt que le seul pic DC.
- Prévoir un circuit dédié et les protections exigées par le RGIE.
- Intégrer les pertes au coût réel de l’électricité.
À lire aussi
Sources directes et méthode
ADAC : Étude complète sur les pertes de recharge AC et DC
Consulté et vérifié le 8 septembre 2026.
ADAC Presse : Méthode et synthèse des mesures publiées le 6 août 2026
Consulté et vérifié le 8 septembre 2026.
SPF Économie : Sécurité des installations électriques domestiques et RGIE
Consulté et vérifié le 8 septembre 2026.
FEBIAC : Principes de recharge et limites AC et DC
Consulté et vérifié le 8 septembre 2026.
Article vérifié le 8 septembre 2026 par Christine pour VoitureBelgique.com. Les données annoncées par un constructeur sont distinguées des prix, dates et équipements encore inconnus.
