| |

Radars en Wallonie : 91 % des excès fixes non transmis

La Cour des comptes relève que 91 % des infractions enregistrées par des radars fixes testés n’ont pas été transmises. Méthode et conséquences.

Radar fixe au bord de la N4 à la sortie de Martelange en Wallonie

La Cour des comptes a examiné la politique wallonne de contrôle de la vitesse et découvert un écart majeur entre les infractions enregistrées et les fichiers transmis pour traitement. Dans un test portant sur 222 radars fixes et 21 radars-tronçons actifs en 2024 chez un fournisseur, 91 % des infractions des radars fixes n’ont pas été transférées au centre régional de traitement. Pour les radars-tronçons, la proportion était de 7 %.

Un second contrôle du Service public de Wallonie, portant sur l’ensemble du réseau wallon hors autoroutes et différents appareils, a comptabilisé 5,7 millions de dépassements au-delà de la marge technique. Seulement 420 000 dossiers auraient été transmis, soit une absence de transmission de 94,7 %. Ces résultats questionnent le pilotage du système, mais ne créent aucune garantie d’échapper à une amende.

Ce que les deux contrôles ont réellement mesuré

Le premier test a été réalisé avec l’accord de la Justice sur les données d’un des quatre fournisseurs de la Région. Il couvrait 222 radars fixes et 21 radars-tronçons actifs pendant l’année 2024. Environ 2 % des véhicules contrôlés dépassaient la vitesse tolérée après application des marges techniques et opérationnelles.

La différence entre appareils est très nette : 91 % des infractions issues des radars fixes n’étaient pas transférées, contre 7 % pour les contrôles de trajet. Un radar-tronçon mesure une vitesse moyenne sur une distance, tandis qu’un radar fixe mesure à un point. La manière dont les zones de police programment et exploitent ces systèmes peut donc produire des résultats très différents.

Le second contrôle, réalisé plus largement par le SPW, aboutit à 5,7 millions d’infractions caractérisées et 420 000 transmissions. Le pourcentage de 94,7 % qui en découle ne doit pas être mélangé mécaniquement avec le taux de 91 %, car le périmètre, les appareils et la méthode ne sont pas identiques.

Les résultats décrivent des périmètres différents et ne doivent pas être appliqués à un radar individuel.
ContrôlePérimètreRésultat publiéLimite
Test Cour des comptes222 fixes, année 202491 % non transmisUn fournisseur sur quatre
Test Cour des comptes21 radars-tronçons, 20247 % non transmisÉchantillon limité
Vérification SPWRéseau hors autoroutes, appareils variés5,7 millions détectés, 420 000 transmisPérimètre différent du premier test
Les résultats décrivent des périmètres différents et ne doivent pas être appliqués à un radar individuel.

Sources : Cour des comptes, SPW et comptes rendus médiatiques du rapport publié en septembre 2026.

Pourquoi un flash ne devient pas toujours une amende

La Région finance et installe une partie des équipements. Les zones de police déterminent notamment les périodes de contrôle et certains paramètres opérationnels. Les fichiers doivent ensuite parvenir au centre régional de traitement de la police fédérale, puis peuvent être transmis au parquet ou suivre la procédure applicable.

Une absence de transmission peut résulter de choix opérationnels, de seuils, de périodes durant lesquelles un boîtier ne poursuit pas une fonction répressive, de problèmes de données ou d’autres étapes du traitement. L’audit critique précisément le manque d’accès régional aux données nécessaires pour distinguer et suivre ces situations.

Le SPW indique par ailleurs qu’environ 280 boîtiers fixes et plus de 125 appareils mobiles sont présents sur le réseau wallon. Le radar proprement dit est installé et géré par la police, tandis que le SPW prend en charge l’implantation et l’entretien des installations acceptées. Cette répartition explique pourquoi aucun acteur régional ne voit nécessairement tout le parcours.

Ce que l’audit reproche au pilotage wallon

La Cour relève l’absence d’un pilotage suffisamment intégré. La Région ne disposerait pas des données complètes sur les infractions et les sanctions, ce qui limite l’évaluation de l’efficacité d’un radar après son installation. Il devient alors difficile de relier un investissement à une baisse mesurée des vitesses ou des accidents.

Le problème ne porte donc pas seulement sur le nombre d’amendes. Un radar vise d’abord à modifier les comportements et réduire les collisions. Pour savoir s’il atteint cet objectif, il faut comparer les vitesses et les accidents avant et après l’installation, en tenant compte des travaux, du trafic, des limitations et de la période observée.

La Wallonie poursuit pourtant le déploiement des équipements. La page officielle explique que les emplacements sont choisis à partir de critères comme le caractère accidentogène, le non-respect de la vitesse et l’adéquation de la limite avec l’infrastructure. L’audit demande que ces décisions soient suivies par des résultats accessibles et comparables.

Ce que cela change pour un conducteur

L’audit ne modifie aucune limitation et n’annule aucune procédure. Un conducteur ne peut pas savoir, à partir de ces pourcentages, si le fichier correspondant à son passage sera transmis. Les appareils, zones de police et périodes de fonctionnement ne suivent pas tous la même configuration.

Lorsqu’une perception immédiate ou une proposition de transaction arrive, elle doit être vérifiée sur ses propres éléments : lieu, date, vitesse mesurée, vitesse corrigée, plaque et identité du véhicule. Le taux global de non-transmission ne constitue pas un moyen de contestation individuel si le dossier reçu est régulier.

La conclusion utile est institutionnelle. La Région, la police et la Justice ont besoin d’un suivi commun pour vérifier combien d’infractions sont détectées, transmises, traitées et sanctionnées, mais aussi si les vitesses et accidents diminuent. Cette chaîne de données compte davantage que le seul nombre de boîtiers posés.

  • Respecter la limitation même lorsqu’un radar paraît inactif.
  • Ne pas confondre flash, transmission, traitement et sanction.
  • Vérifier une amende sur ses données individuelles.
  • Consulter les sources officielles avant toute contestation.

Questions fréquentes

Est-ce que 91 % de tous les flashs wallons sont annulés ?

Non. Le taux concerne les infractions de radars fixes dans un échantillon précis qui n’ont pas été transmises. Il ne décrit pas chaque radar ni chaque période.

Pourquoi les radars-tronçons ont-ils un taux différent ?

Le test a trouvé 7 % de non-transmission pour les radars-tronçons. Leur fonctionnement et leur exploitation diffèrent des radars fixes, mais l’audit ne permet pas d’attribuer tout l’écart à une seule cause.

Peut-on contester une amende avec ce rapport ?

Le rapport ne rend pas une amende individuelle irrégulière. Une contestation doit porter sur les faits et les données du dossier reçu.

Qui gère les radars en Wallonie ?

Le SPW intervient dans l’installation et l’entretien des infrastructures, tandis que la police gère le radar et la transmission des données selon les procédures applicables.

À lire aussi

Sources directes et méthode

Cour des comptes de Belgique : Respect de la vitesse autorisée sur les routes wallonnes
Consulté et vérifié le 18 septembre 2026.

SPW Mobilité et Infrastructures : Fonctionnement et répartition des responsabilités pour les radars
Consulté et vérifié le 18 septembre 2026.

L’Avenir : Présentation des constats et de l’échantillon de la Cour des comptes
Consulté et vérifié le 18 septembre 2026.

Gocar : Analyse des transmissions et du contrôle plus large du SPW
Consulté et vérifié le 18 septembre 2026.

Informations vérifiées le 18 septembre 2026. Les pourcentages proviennent d’échantillons et de périodes décrits par la Cour des comptes. Ils ne permettent pas de prédire le traitement d’une infraction individuelle et ne changent pas les limitations de vitesse.