Salut à tous les curieux et futurs électromobilistes ! Aujourd’hui, on va s’attaquer à un gros morceau, une question qui revient souvent quand on parle de voitures électriques : « C’est bien beau l’électrique, mais la fabrication, ça pollue pas plus qu’une thermique, surtout la batterie ? ». C’est une interrogation tout à fait légitime, et croyez-moi, je l’entends à chaque barbecue. On se penche là-dessus ensemble, avec une bonne dose de données, histoire de balayer les mythes et de voir la réalité belge de 2026.
L’idée, c’est de comparer l’impact écologique de la production d’une Voiture Électrique (VE) à celui d’une voiture à moteur thermique classique. C’est un point essentiel si on veut comprendre l’ensemble du cycle de vie d’un véhicule. Et pour avoir une vue d’ensemble sur le sujet, n’hésitez pas à consulter notre guide complet : Impact Écologique des Voitures Électriques.
La Genèse d’une Voiture : Un Tour du Monde des Matières
Imaginez, pour chaque voiture, qu’elle soit électrique ou thermique, le processus commence bien avant qu’elle ne sorte de l’usine. C’est une vraie aventure des matières premières.
La Voiture Thermique : Le Pétrole, le Métal et la Complexe Mécanique
Quand on fabrique une voiture thermique, on pense immédiatement au moteur. C’est un chef-d’œuvre d’ingénierie, mais aussi un concentré de métaux, souvent issus de mines lointaines. Acier, aluminium, cuivre, et puis tous ces petits composants électroniques qui foisonnent même dans nos voitures « traditionnelles ».
- Extraction du pétrole : C’est le point de départ de son carburant, et ça, c’est une industrie lourde, avec son lot de forages, de transports par tankers ou oléoducs.
- Raffinage : Transformer ce pétrole brut en essence ou diesel consomme énormément d’énergie.
- Fabrication moteur et transmission : Ce sont des pièces complexes, qui demandent beaucoup d’usinage, de traitement thermique, et une chaîne d’approvisionnement mondiale. Le bloc moteur en lui-même est une pièce maîtresse, coulée dans des fonderies énergivores.
- Systèmes d’échappement : Avec leurs catalyseurs, ils contiennent des métaux rares comme le platine, le palladium ou le rhodium, dont l’extraction a un impact environnemental bien réel.
Je me souviens d’une usine que j’ai visitée il y a quelques années, près de Gand, où des centaines de robots s’affairaient pour assembler des carrosseries. L’énergie nécessaire pour faire tourner ces machines, chauffer les fours de peinture, transporter les pièces… C’est colossal.
La Voiture Électrique : La Batterie en Vedette (et ses coulisses)
Alors, pour la VE, c’est la batterie qui est souvent pointée du doigt. Et à juste titre ! C’est le composant le plus lourd et le plus énergivore à produire. Elle contient des matériaux comme le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse. L’extraction et le raffinage de ces minerais ne sont pas des opérations anodines, loin de là.
- Extraction : Une mine de lithium au Chili ou une mine de cobalt au Congo, ça a un impact sur les écosystèmes locaux, la consommation d’eau. On ne va pas le cacher.
- Raffinage et fabrication des cellules : C’est là que l’énergie est consommée à pleine puissance. Ces étapes se font souvent en Asie (Chine, Corée du Sud), où le mix énergétique n’est pas toujours le plus vert. Pour creuser le sujet, jetez un œil à notre article sur L’empreinte carbone de la fabrication des batteries de VE en Belgique.
C’est un peu comme construire une maison passive. Le coût initial en matériaux, en travail, est plus élevé pour une meilleure isolation. Mais le bénéfice sur le long terme est énorme. Pour la VE, c’est pareil.
Le Moment Fatidique : Qui Gagne la Course à la « Dette Carbone » Initiale ?
Plusieurs études sérieuses, notamment celles de l’ADEME en France ou de Transport & Environment en Europe, ont tenté de quantifier cette « dette carbone » de fabrication. En général, la fabrication d’une VE, principalement à cause de sa batterie, émet plus de CO2 qu’une thermique au départ. Une VE peut avoir une empreinte carbone de production supérieure de 50 à 70% par rapport à une voiture thermique équivalente. C’est un chiffre qui peut faire tiquer !
Oui, vous avez bien lu. Une VE part avec un handicap carbone à la sortie de l’usine. Mais ne nous arrêtons pas là. Le diable est dans les détails, et surtout, dans le cycle de vie complet.
La Vie Après la Naissance : Le Gros Avantage de l’Électrique
C’est là que la donne change radicalement. Une fois sortie de l’usine, la voiture thermique continue de polluer à chaque kilomètre parcouru en brûlant des carburants fossiles. Une VE ? Elle roule sans émettre de gaz d’échappement. C’est une différence qui compte énormément, surtout dans nos villes belges.
La Conduite Quotidienne : Le Mix Énergétique Belge Fait la Différence
En Belgique, on a une particularité : notre mix énergétique. Il est composé de nucléaire (qui n’émet pas de CO2 en fonctionnement), de gaz, et d’une part croissante d’énergies renouvelables (éolien, solaire). Le CO2 réel émis pour recharger une VE dépend de l’origine de l’électricité au moment de la charge. Pour en savoir plus, on a un article dédié : Mix énergétique belge: quel CO2 réel pour la recharge des VE?.
Plus le mix énergétique belge se « verdit », plus l’avantage de la VE s’accroît. Avec les investissements dans l’éolien offshore et le solaire, la tendance est clairement positive pour les années à venir.
Le Point de Bascule : Quand la VE devient Plus « Verte »
Les études s’accordent à dire qu’une VE compense son « surplus » de CO2 de fabrication après un certain nombre de kilomètres. Ce « point de bascule » varie selon la taille de la batterie, le mix énergétique du pays de recharge, et la consommation du véhicule, mais il se situe souvent entre 50 000 et 100 000 kilomètres.
Sachant que la durée de vie moyenne d’une voiture en Belgique est bien supérieure (plus de 150 000 km, voire 200 000 km pour beaucoup), une VE est, sur sa durée de vie totale, bien moins émettrice de CO2 qu’une thermique.
Prenons un exemple concret. Une étude de l’université de Louvain (que je me souviens avoir lue fin 2024, il faudrait que je retrouve la source exacte, mais elle est en ligne si vous cherchez bien) montrait qu’une VE rechargée avec le mix belge atteignait ce point de bascule bien plus vite qu’une VE rechargée dans un pays très dépendant du charbon.
Le Rôle de la Belgique : Législation et Infrastructure
En Belgique, on a aussi nos spécificités qui jouent un rôle dans cette transition. La fiscalité, par exemple, encourage fortement l’adoption des VE. En Wallonie, la taxe de mise en circulation (TMC) et la taxe de circulation sont nulles pour la plupart des VE. À Bruxelles, même topo. En Flandre, ça a été un peu plus variable mais l’orientation est claire : moins de taxes pour l’électrique. Ce sont des incitations financières directes pour les entreprises et les particuliers.
L’infrastructure de recharge s’étoffe à vitesse grand V. Les réseaux comme Ionity, TotalEnergies, Allego maillent de plus en plus le territoire. Vous trouverez une borne de recharge rapide sur les autoroutes ou en ville sans trop de soucis maintenant. Mon voisin, il y a deux ans, hésitait encore pour l’autonomie WLTP de sa future Zoe et la peur de ne pas trouver où recharger. Aujourd’hui, il me dit qu’il ne se pose plus la question, même pour aller jusqu’à la Côte.
Et que dire du recyclage ? La Belgique est à la pointe avec des entreprises comme Umicore, qui développent des technologies pour recycler les batteries de VE, récupérant jusqu’à 95% des matériaux clés. C’est une vraie bonne nouvelle, car ça réduit la dépendance aux nouvelles extractions et ferme la boucle des matériaux.
Regard sur 2026 et au-delà : L’Optimisme est de Mise
Pour 2026, la tendance est claire : les batteries deviennent plus denses, moins coûteuses, et l’impact de leur fabrication diminue grâce à des usines plus efficientes et alimentées par des énergies moins carbonées (en Europe, par exemple). Les constructeurs s’engagent aussi à sourcer de manière plus responsable les matériaux.
On voit aussi l’émergence de solutions pour la seconde vie des batteries. Avant d’être recyclées, elles peuvent servir au stockage d’énergie pour une maison ou un quartier. Ça, c’est intelligent !
Mon Avis d’Ami Informé
Alors, si vous me demandez si l’électrique est la solution à tous nos problèmes environnementaux liés à la voiture, je vous dirais « non ». Il n’y a pas de solution parfaite. La fabrication d’une VE a un impact, c’est indéniable, surtout en ce qui concerne la batterie. Cependant, sur l’ensemble de son cycle de vie, la voiture électrique surclasse largement sa consœur thermique en termes d’émissions de CO2. L’écart se creuse même d’année en année grâce aux progrès technologiques et à la décarbonation de notre électricité belge.
Ce n’est pas une question de choisir un camp. C’est une question de choisir la meilleure solution de rechange pour l’environnement, celle qui a le moins d’impact global. Et à l’heure actuelle, la voiture électrique, même avec sa « dette carbone » initiale, est clairement celle qui ouvre la voie à une mobilité plus durable.
Donc, oui, vous pouvez regarder votre VE neuve avec le sourire. Vous faites un choix éclairé pour l’avenir. Et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas. La conversation continue !
Sources externes :