Alors, importer une voiture en Belgique, c’est déjà une petite aventure. On se dit que le plus dur est fait quand on a déniché la perle rare, qu’elle vienne d’Allemagne, des Pays-Bas ou d’ailleurs. Mais le voyage n’est pas terminé, loin de là ! Il y a une étape incontournable, un peu comme le péage d’une autoroute vers la tranquillité routière belge : le contrôle technique pour véhicule importé. Et là, je vous le dis direct, c’est pas tout à fait la même chanson qu’un CT classique pour votre vieille Golf. C’est une procédure avec ses propres règles, ses petits pièges, et sa bonne dose de paperasse. Pas de panique, on va débroussailler tout ça ensemble, comme on pèle une bonne barquette de frites, étape par étape. Si vous voulez une vue d’ensemble sur toute la saga de l’importation, je vous invite à jeter un œil à notre guide Importation et Exportation Voiture Belgique. C’est le point de départ de tout, croyez-moi !
Pourquoi ce « special » contrôle technique pour ma voiture importée ?
Moi, je me suis souvent posé la question : pourquoi un traitement différent pour une voiture qui est techniquement la même, qu’elle vienne de Liège ou de Lille ? Eh bien, c’est une affaire de législation, de conformité, et de sécurité. Nos amis du contrôle technique, ils doivent s’assurer que le véhicule respecte bien toutes les normes belges et européennes en vigueur. On parle de normes environnementales (merci l’Europe et ses vignettes LEZ qui poussent un peu partout, hein !), de sécurité (phares, freins, châssis), mais aussi de traçabilité. Un véhicule qui arrive de l’étranger n’a pas forcément le même historique de maintenance ou de contrôle qu’une voiture qui a roulé ici toute sa vie. C’est un peu comme si votre tante Jacqueline, qui vient du fin fond de l’Ardenne, devait passer un examen avant de pouvoir habiter à Bruxelles, juste pour s’assurer qu’elle connaît les règles de la ville. C’est un peu ça l’idée. Ils vérifient tout. Tout, tout, tout.
Les documents, les documents, toujours les documents !
Avant même de penser à la station de contrôle, préparez votre arsenal de papiers. C’est là que le côté belge de l’administration se révèle dans toute sa splendeur. On aime bien les dossiers bien ficelés chez nous. Sans ça, vous allez faire la navette entre les guichets comme un pendulaire un jour de grève. Voici ce que vous devez avoir, une fois :
- Votre facture d’achat ou le contrat de vente. Ça, c’est la base, la preuve que la voiture est bien à vous.
- Le certificat d’immatriculation étranger. Que ce soit le « Fahrzeugbrief » allemand ou le « carte grise » français, il faut l’original. Sans ça, même pas la peine de se présenter.
- Le Certificat de Conformité (COC). Ah, le COC ! Ce document est votre graal. Il prouve que votre voiture respecte les normes européennes. S’il n’est pas fourni avec le véhicule (surtout pour les voitures plus anciennes ou hors UE), vous devrez le demander au constructeur ou à son représentant en Belgique. Et ça, ça peut prendre du temps, et coûter quelques biftons. Ne le sous-estimez jamais.
- La demande d’immatriculation (le fameux formulaire rose). Vous l’obtenez généralement aux douanes après le dédouanement (oui, le dédouanement, on en parle juste après).
- Le document E705. C’est LA preuve que votre véhicule est bien en règle vis-à-vis de l’administration des douanes et accises, et que la TVA a été payée ou est en ordre. Pour ça, direction le bureau de douane le plus proche, avec tous vos papiers d’achat. C’est une étape qu’on ne peut pas rater. Je me souviens, en 2023, j’ai aidé un ami à importer une vieille Volvo de collection. On a passé une demi-journée à la douane de Tournai juste pour être certains d’avoir le bon tampon. La patience est une vertu dans ce genre de situation.
Pour les véhicules qui viennent de plus loin que l’Union Européenne, genre des États-Unis ou du Japon, il y a des étapes supplémentaires et des coûts liés à la TVA et aux droits de douane. C’est un sujet délicat que nous abordons en détail dans TVA et droits de douane : Importer une voiture hors UE en Belgique. Un ponton, c’est bien, mais si la voiture reste dessus pour des questions administratives, c’est moins drôle.
La plaque d’immatriculation provisoire (ou « plaque Z »)
Une fois que vous avez le E705 et la demande d’immatriculation rose, il vous faut une plaque pour aller au contrôle technique. On ne roule pas comme ça sans plaque, c’est le b.a.-ba. Vous avez deux options principales :
- La plaque transit temporaire (plaque Z) : C’est une plaque provisoire que vous pouvez demander à la DIV (Direction pour l’Immatriculation des Véhicules). Elle est valable pour une courte durée et vous permet de vous rendre à la station de contrôle technique.
- Utiliser les plaques du vendeur étranger : Si vous avez la chance que le vendeur vous laisse ses plaques pour le trajet, c’est une solution. Mais attention à la validité de l’assurance liée à ces plaques et aux règles du pays d’origine. C’est une option plus risquée, je vous la déconseille pour une tranquillité d’esprit optimale.
Personnellement, je privilégie toujours la plaque Z. C’est un coût en plus, oui, mais au moins, vous êtes dans les clous. Pas de stress avec la police sur le chemin.
Prendre rendez-vous et se préparer pour le grand jour
Alors, quand tous les papiers sont prêts et que vous avez de quoi rouler légalement, direction le centre de contrôle technique. N’importe quel centre en Belgique fait l’affaire. Pas besoin d’un centre spécialisé « import », ils sont tous équipés pour ça. Sur le site officiel de GOCA, vous trouverez la liste et les coordonnées. Je vous conseille de prendre rendez-vous, ça évite des heures d’attente à grelotter le matin, surtout si c’est une berline allemande importée un peu particulière. Pour un guide spécifique sur l’importation d’une voiture d’outre-Rhin, Importer une voiture d’Allemagne en Belgique : Guide Complet est une mine d’informations.
Avant d’y aller, un petit check-up s’impose. C’est du bon sens. Vérifiez :
- Les phares : qu’ils fonctionnent tous et qu’ils soient bien réglés.
- Les pneus : l’usure, la pression. C’est bête, mais ça peut faire recalé.
- Les freins : Pas de grincements suspects, une bonne efficacité.
- Les niveaux : huile, liquide de refroidissement, lave-glace. Ça montre un minimum d’entretien.
- La propreté : Une voiture propre, ça fait toujours bonne impression. C’est un détail, mais ça peut jouer sur la perception de l’état général.
Le contrôle technique en lui-même : l’épreuve
Arrivé au centre, vous serez orienté vers une ligne spéciale pour les véhicules importés. L’inspecteur va d’abord vérifier tous vos documents avec une attention toute particulière. Il va confronter le numéro de châssis (VIN) de votre véhicule avec celui du COC et du certificat d’immatriculation étranger. C’est une étape éliminatoire. Si ça ne correspond pas, c’est retour à la case départ.
Ensuite, c’est le contrôle technique classique, mais avec quelques points d’attention supplémentaires pour un véhicule importé :
- Identification et conformité : Vérification minutieuse du VIN, des plaques constructeur, du type moteur, etc. C’est là que le COC est votre meilleur ami. Il confirme toutes les spécifications du véhicule.
- Équipements spécifiques : Par exemple, si vous avez importé un véhicule anglais (RHD – conduite à droite), il faudra adapter les phares pour la conduite à gauche afin de ne pas éblouir les autres. C’est une modification qui peut coûter cher si vous ne l’avez pas anticipée.
- Niveaux de pollution : La Belgique est de plus en plus stricte avec les normes Euro. Votre véhicule doit respecter les normes d’émissions pour pouvoir être immatriculé. C’est particulièrement vrai pour les véhicules plus anciens ou ceux venant de pays avec des normes différentes.
- Sécurité générale : Freins, suspension, direction, éclairage, carrosserie, pneus… tout y passe. Comme pour un CT normal, mais avec le regard affûté pour détecter une éventuelle « magouille » faite à l’étranger pour cacher un défaut.
Si tout est bon, bravo ! Vous repartez avec un certificat de visite vert. C’est la sésame pour l’immatriculation. Si ce n’est pas le cas, vous aurez un certificat rouge avec la liste des défauts à corriger. Et là, c’est reparti pour un tour chez le garagiste, puis un nouveau passage au CT. Un peu frustrant, oui, mais c’est la règle. On ne triche pas avec la sécurité, hein.
Après le CT : l’immatriculation finale à la DIV
Avec votre certificat de visite vert en poche, le E705, le certificat d’immatriculation étranger, le COC et le formulaire rose de demande d’immatriculation dûment rempli, vous êtes prêt pour la dernière ligne droite. Vous devez envoyer tous ces documents à la DIV. Votre assureur peut s’en charger pour vous, c’est souvent la solution la plus simple et la plus rapide. C’est lui qui va introduire la demande. Quelques jours plus tard (parfois une petite semaine, en 2026, la DIV est plutôt efficace mais ça peut toujours coincer), votre plaque d’immatriculation belge arrivera par la poste, livrée par Bpost. Et là, bingo ! Votre véhicule est officiellement belge et prêt à sillonner nos routes, de la côte aux Ardennes, en passant par le plat pays.
Un dernier conseil de votre conseiller auto ?
N’ayez pas peur de demander conseil. À votre garagiste, à des amis qui ont déjà fait l’expérience, même aux centres de contrôle technique si vous avez une question spécifique. Mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand il s’agit d’administration belge ! Les règles sont claires, mais parfois, on peut se sentir un peu perdu dans le labyrinthe des démarches. Mais rappelez-vous, des milliers de Belges importent des voitures chaque année, donc c’est une procédure rodée. Avec un peu de méthode et les bons papiers, vous y arriverez sans problème. Et si jamais vous voulez explorer les subtilités fiscales ou douanières pour un véhicule particulier, un tour sur le site du SPF Finances peut éclairer bien des lanternes.
Importer une voiture, c’est comme préparer une bonne gaufre de Liège : il y a des étapes, des ingrédients précis, et si on suit bien la recette, le résultat est délicieux. Le contrôle technique est juste une de ces étapes. Une fois que vous avez ce petit sésame vert, vous êtes presque au bout du tunnel. Accrochez-vous, ça en vaut la chandelle ! N’oubliez pas, pour une vue d’ensemble sur toutes les démarches, notre guide Importation et Exportation Voiture Belgique reste votre bible.
Bonne route, les amis !
