Leapmotor a présenté une architecture électrique baptisée CTC 3.0 High-Low Fusion Battery. Son principe est d’utiliser les mêmes cellules, modules, circuits thermiques et éléments de distribution pour le réseau de traction à haute tension et les fonctions habituellement alimentées en 12 volts. La marque dit pouvoir supprimer la petite batterie auxiliaire séparée.
Cette batterie 12 V reste présente dans presque toutes les voitures électriques. Elle réveille les calculateurs, commande les serrures, les feux, les essuie-glaces, l’infodivertissement et plusieurs systèmes de sécurité. Lorsqu’elle est déchargée, une voiture dont la grande batterie est pleine peut malgré tout refuser de démarrer. Leapmotor cherche donc à retirer un point de panne, mais cette intégration crée de nouvelles questions.
Ce que CTC 3.0 change dans l’alimentation électrique
CTC signifie Cell-to-Chassis. Au lieu de placer des modules dans un pack entièrement séparé de la structure, les cellules et composants sont davantage intégrés au châssis. La version 3.0 ajoute une fonction basse tension capable, selon Leapmotor, de fournir sept fois plus de capacité et de fonctions que la génération précédente.
Le constructeur indique que les circuits haute et basse tension partagent cellules, modules, gestion thermique et distribution d’énergie. Une conversion contrôlée doit donc fournir la tension nécessaire aux accessoires sans accumulateur plomb-acide distinct. Le communiqué ne détaille toutefois ni la tension de secours, ni la redondance, ni la procédure d’ouverture d’une voiture totalement privée d’énergie.
La suppression d’un composant ne signifie pas forcément une réparation plus simple. Une batterie 12 V conventionnelle est peu coûteuse, standardisée et remplaçable rapidement. Une fonction basse tension intégrée au système de traction pourrait exiger un diagnostic haute tension, des outils de marque et des procédures de sécurité spécifiques.
| Fonction | Architecture classique | CTC 3.0 annoncé |
|---|---|---|
| Alimentation basse tension | Batterie 12 V séparée | Fonction intégrée au système principal |
| Cellules et modules | Systèmes distincts | Éléments partagés |
| Gestion thermique | Batterie 12 V généralement passive | Gestion partagée annoncée |
| Remplacement périodique | Possible après vieillissement | Leapmotor promet de le supprimer |
| Déploiement | Standard actuel | Premiers produits annoncés en 2027 |
Source : Leapmotor et Stellantis Media. Les détails de redondance et de réparation ne sont pas encore publics.
Pourquoi une petite batterie peut immobiliser une électrique
La batterie de traction fonctionne à plusieurs centaines de volts et reste isolée lorsque le véhicule est éteint. La batterie auxiliaire alimente les calculateurs qui vérifient le système avant de fermer les contacteurs haute tension. Si elle ne fournit plus la tension suffisante, la voiture ne peut pas effectuer cette séquence de démarrage.
Ce fonctionnement protège les occupants et les techniciens, mais il surprend les propriétaires. Une panne 12 V ressemble parfois à une panne générale alors que l’indicateur principal affichait encore une autonomie confortable la veille. Les constructeurs utilisent déjà différentes solutions, notamment de petites batteries lithium-ion et des recharges automatiques depuis la batterie de traction.
Leapmotor propose une étape supplémentaire en supprimant l’accumulateur distinct. La réussite dépendra de la capacité du système à rester accessible après un stockage long, un accident, une décharge profonde ou une défaillance de l’électronique de puissance. Ces scénarios devront être documentés dans les manuels et validés par l’homologation.
Les promesses environnementales demandent encore des preuves
Leapmotor estime qu’un déploiement massif pourrait éviter des dizaines de millions de batteries plomb-acide chaque année. L’idée est plausible si chaque véhicule retire effectivement un accumulateur, mais le communiqué ne fournit pas d’analyse de cycle de vie, de volume de production ni de comparaison entre les matériaux supplémentaires du CTC 3.0 et ceux d’une batterie 12 V.
La marque parle aussi d’un fonctionnement sans entretien pendant toute la vie du véhicule. Cette formule doit être distinguée d’une garantie contractuelle. Une pièce non prévue pour un remplacement périodique peut toujours tomber en panne. Il faudra connaître la couverture, la disponibilité des pièces et le coût d’intervention hors garantie.
Pour le recyclage, l’intégration au châssis peut réduire le nombre de boîtiers mais compliquer le démontage. La valeur environnementale dépendra de la possibilité de séparer, réparer et recycler les cellules. Une documentation technique européenne et des données de démontage seront nécessaires avant de mesurer le gain réel.
Ce qu’il faudra vérifier sur un modèle vendu en Belgique
Leapmotor annonce les premiers produits fondés sur LEAP 5.0 et CTC 3.0 à partir de 2027. Il ne nomme pas les modèles et ne confirme pas que toutes les versions européennes utiliseront la fonction basse tension. Le réseau belge devra recevoir une formation et disposer des outils adaptés avant toute livraison.
Un acheteur devra demander comment ouvrir les portes, mettre le véhicule au point mort et alimenter les feux de détresse lorsque le système principal est déchargé. Les instructions de dépannage, de remorquage et d’intervention après collision sont plus importantes qu’une promesse générale de maintenance réduite.
Il faudra également vérifier si la garantie couvre la fonction basse tension pendant la même durée que la batterie de traction, et si une panne partielle impose le remplacement d’un sous-ensemble ou du système complet. Sans ces réponses, il est trop tôt pour chiffrer les économies annoncées.
- Demander la procédure de secours en cas de décharge complète.
- Vérifier la durée de garantie de la fonction basse tension.
- Obtenir le coût et le niveau de remplacement prévu après une panne.
- Confirmer la formation du réparateur Leapmotor choisi.
- Attendre le modèle européen exact avant de comparer les économies.
Questions fréquentes
Leapmotor supprime-t-il déjà la batterie 12 V ?
Non. La technologie CTC 3.0 a été présentée en septembre 2026 et doit équiper de futurs produits à partir de 2027.
Pourquoi une voiture électrique utilise-t-elle une batterie 12 V ?
Elle alimente les calculateurs, serrures, feux et systèmes de sécurité avant l’activation du circuit de traction haute tension.
CTC 3.0 sera-t-il disponible en Belgique ?
Leapmotor n’a pas encore identifié les modèles européens concernés ni donné de calendrier belge précis.
La technologie sera-t-elle vraiment sans entretien ?
C’est une affirmation du constructeur. La garantie, la réparabilité et les résultats en usage réel ne sont pas encore documentés.
À lire aussi
Sources directes et méthode
Leapmotor et Stellantis Media : Présentation officielle de CTC 3.0 et LEAP 5.0
Consulté et vérifié le 17 septembre 2026.
Stellantis Media Allemagne : Version officielle détaillée de l’annonce
Consulté et vérifié le 17 septembre 2026.
Leapmotor : Présentation institutionnelle de la marque et de ses technologies
Consulté et vérifié le 17 septembre 2026.
Informations vérifiées le 17 septembre 2026. Les économies, la durée de vie et la réduction de déchets sont des affirmations de Leapmotor. Aucun modèle européen, protocole indépendant ni calendrier belge n’est encore détaillé.
