Alors, parlons VÉ, entre amis, sans filtre. On voit bien que l’électrique prend son envol en Belgique. Chaque jour, de plus en plus de ces voitures silencieuses sillonnent nos routes, que ce soit à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Mais une question me trotte dans la tête, et je parie que c’est la vôtre aussi : « OK, c’est génial d’acheter électrique, mais qu’est-ce que ça vaut quand il faudra la revendre ? » C’est une interrogation légitime. Après tout, une voiture est un investissement conséquent, et personne ne veut voir sa valeur fondre comme neige au soleil, n’est-ce pas ?
En 2026, le marché belge des véhicules électriques, ou VÉ comme on dit dans le jargon, a pas mal évolué. Ce qui était une niche il y a quelques années est devenu une réalité palpable. Mais pour bien comprendre la valeur de revente de votre VÉ, il faut démystifier quelques points. Oubliez le marketing « glamour » et les promesses farfelues. Je vous propose qu’on regarde ensemble les vrais facteurs qui pèsent dans la balance. C’est un peu comme préparer une bonne gaufre de Liège : il faut les bons ingrédients et le bon savoir-faire. Et si vous vous souciez de la longévité de votre auto, je vous conseille aussi de jeter un œil à notre article sur l’Entretien et Durée de Vie des VE, ça va de pair.
La batterie : le cœur battant de votre VÉ (et de sa valeur)
On ne va pas se mentir, la batterie, c’est le nerf de la guerre. Quand on parle de valeur de revente, son état est la première chose qui viendra à l’esprit d’un acheteur potentiel. Imaginez que vous achetez un smartphone d’occasion. La première chose que vous vérifiez, c’est l’autonomie, pas vrai ? Pour une voiture électrique, c’est pareil, mais en bien plus grand.
La dégradation de la batterie, ce n’est pas un interrupteur « on/off ». Ce n’est pas comme si elle fonctionnait parfaitement un jour et qu’elle lâchait le lendemain. Non. C’est un processus progressif. Votre batterie conserve de moins en moins d’énergie au fil des ans et des cycles de recharge, un peu comme votre propre batterie humaine qui perd un peu de son punch après une journée bien remplie. C’est ce qu’on appelle le « State Of Health » (SOH), un indicateur mesuré en pourcentage. Une batterie à 85% de SOH signifie qu’elle ne peut plus stocker que 85% de son énergie initiale. Et donc, une durée de vie moyenne d’une batterie de VE impacte directement l’autonomie WLTP de votre voiture.
La bonne nouvelle, c’est que les constructeurs y ont pensé. La plupart offrent une garantie solide sur la batterie, souvent 8 ans ou 160 000 km, voire plus. Et c’est un point de réassurance majeur pour l’acheteur d’occasion. Si la batterie tombe sous un certain seuil de capacité (souvent 70%), elle est prise en charge. J’ai eu un ami, il roulait en Tesla Model 3 de 2019, et en 2025, il a vu son SOH descendre un peu plus vite que prévu. Le garage a fait un diagnostic et a remplacé un module défectueux, pas toute la batterie. C’est ça l’avantage : on répare souvent des éléments plutôt que de tout changer. Si vous voulez en savoir plus sur comment préserver votre batterie, on a aussi un Guide Complet sur l’Entretien de la Batterie de votre VE en Belgique qui pourrait vous intéresser.
L’autonomie réelle et les capacités de recharge : la praticité avant tout
L’autonomie annoncée, celle qu’on voit sur les fiches techniques (l’autonomie WLTP), c’est une chose. C’est un chiffre de laboratoire, un peu comme la consommation « idéale » d’une voiture essence. Mais l’autonomie réelle, sur nos routes belges, c’en est une autre. En hiver, quand le chauffage tourne à fond, avec la pluie et le vent sur l’autoroute E40 vers Ostende, on peut facilement perdre 20 à 30% de son autonomie. C’est un fait, et les acheteurs le savent. Une voiture affichant une grosse autonomie WLTP mais qui peine à faire 200 km sur autoroute en plein mois de décembre, ça décote plus vite.
La capacité de recharge est tout aussi importante. On parle ici de « kWh » pour la taille de la batterie, et de « kW » pour la puissance de charge. Plus la voiture peut encaisser de kW en courant continu (DC), plus elle se recharge vite sur une borne rapide. Et personne n’aime attendre, surtout quand on est en route pour un rendez-vous. Une voiture qui passe de 20% à 80% en 20 minutes sur une borne Ionity ou TotalEnergies sera toujours plus valorisée qu’une autre qui met le double de temps, même si leur autonomie initiale est similaire. Les voitures avec une prise CCS Combo sont aussi mieux vues, car c’est le standard européen pour la recharge rapide.
L’évolution technologique : une course effrénée
Le marché des VÉ est un peu comme celui des smartphones, mais en plus lent. Les avancées sont rapides. Ce qui était « state-of-the-art » en 2022 – disons, une batterie de 60 kWh et une charge à 100 kW – est devenu « bon » en 2024 et « standard » en 2026. L’arrivée des architectures 800V, des batteries à plus forte densité, ou l’amélioration des systèmes de gestion thermique, tout ça change la donne.
Les premiers modèles électriques, ceux avec 22 kWh ou 24 kWh de batterie, comme les premières Renault Zoé ou Nissan Leaf, ont subi une décote plus marquée. Leur autonomie est aujourd’hui jugée insuffisante pour beaucoup, et leur capacité de charge est limitée. Mais ne vous inquiétez pas trop : les VÉ plus récents, avec des batteries plus grandes (50 kWh et plus) et des capacités de charge respectables, tiennent bien mieux la route. Les mises à jour logicielles « Over-The-Air » (OTA), comme celles de Tesla, peuvent aussi maintenir une voiture « à jour » et donc plus désirable.
La demande du marché et les incitants belges : une mosaïque régionale
La Belgique est un pays de nuances, et ça se voit aussi pour les VÉ ! Les incitants à l’achat et la fiscalité varient fortement entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Et ces différences ont un impact direct sur la demande et donc sur la valeur de revente.
- En Flandre : depuis 2024, la région a mis en place des primes à l’achat pour les particuliers, et les avantages fiscaux pour les entreprises restent très attractifs. Résultat : une forte demande pour les VÉ, y compris sur le marché de l’occasion. Plus de demande, ça signifie généralement une meilleure valeur de revente.
- En Wallonie : on est plus sur une approche de fiscalité avantageuse avec l’exonération de la Taxe de Mise en Circulation (TMC) et de la Taxe de Circulation (TC) pour les VÉ. Moins de primes directes à l’achat pour les particuliers, mais le coût à l’usage reste très bas. Cela soutient aussi le marché, mais peut-être avec un dynamisme différent.
- À Bruxelles : la stratégie est davantage axée sur le développement de l’infrastructure de recharge. La fiscalité est aussi avantageuse, et les zones de basses émissions (LEZ) poussent les habitants à se tourner vers des véhicules plus propres.
Les voitures de société jouent un rôle moteur en Belgique. Des milliers d’entreprises ont déjà électrifié leur flotte, ce qui alimente un marché d’occasion assez jeune et qualitatif. C’est une spécificité belge qui booste la revente.
Les marques et modèles : une question de réputation et de service
Comme pour les thermiques, toutes les marques et tous les modèles ne se valent pas sur le marché de l’occasion. Une Tesla Model 3 ou Model Y gardera une valeur élevée, notamment grâce à son réseau de superchargeurs, ses mises à jour logicielles et son image. Des marques comme Porsche, Audi ou Mercedes avec leurs modèles électriques premium (Taycan, e-tron, EQE) affichent aussi une belle tenue. Mais les généralistes ne sont pas en reste. La Skoda Enyaq, la Volkswagen ID.4 ou la Renault Mégane E-Tech, très populaires, trouvent facilement preneurs.
Le réseau de service après-vente, la disponibilité des pièces de rechange (un point sur lequel certains constructeurs récents ont encore des efforts à faire), et l’écosystème numérique du véhicule (application, info-divertissement) pèsent aussi dans la balance. Un système multimédia intuitif, c’est un atout que les acheteurs regardent de près. Et croyez-moi, les coûts d’entretien d’une voiture électrique sont souvent plus bas, ce qui est un argument de vente supplémentaire !
L’infrastructure de recharge : l’atout invisible
Un VÉ sans possibilité de recharge facile, c’est comme un smartphone sans chargeur. Un acheteur potentiel cherchera toujours à savoir si l’installation d’une borne de recharge à domicile (wallbox) est possible. C’est le Graal de l’utilisateur de VÉ : se brancher le soir et repartir le matin avec une « batterie pleine ». L’absence de cette option peut freiner un achat, même si le prix est intéressant.
Et puis il y a le réseau public. La densité des bornes rapides sur nos autoroutes et en ville est devenue un critère. Un acheteur se sentira plus en confiance si le réseau Ionity, Fastned, ou TotalEnergies est bien développé et fiable. En 2026, la Belgique a fait d’énormes progrès, et c’est une bonne nouvelle pour la revente.
Pour conclure : l’avenir est électrique et la revente, rassurante
La valeur de revente d’une voiture électrique en Belgique est influencée par un mélange de facteurs techniques et de spécificités régionales. La batterie et son SOH, l’autonomie réelle, la vitesse de recharge, l’évolution technologique, les aides gouvernementales, la réputation de la marque et la qualité de l’infrastructure de recharge sont les piliers. Je pense que, malgré les rapides évolutions technologiques, une VÉ bien entretenue, avec une bonne autonomie et des capacités de charge décentes, gardera une excellente valeur en 2026 et au-delà.
Oui, le marché est en mouvement, mais c’est une bonne chose ! Ça prouve que la technologie mûrit, que l’offre s’étoffe et que l’infrastructure suit. Fini le temps où l’on hésitait à acheter une VÉ d’occasion de peur de se retrouver avec un citron. Les garanties sur les batteries se sont consolidées, les informations sont plus transparentes et la demande, elle, ne fait qu’augmenter. C’est un peu comme si le marché arrivait à maturité, et ça, c’est rassurant pour tout le monde, acheteurs comme vendeurs.
Alors, si vous hésitiez à sauter le pas pour votre prochaine voiture, je vous dirais : foncez ! Le marché belge est prêt, et votre investissement sera loin d’être un coup d’épée dans l’eau.