Acheter une voiture d’occasion, c’est un peu comme déchiffrer un code. Le kilométrage est une des premières choses qu’on regarde. C’est vrai. On a tous en tête cette idée que moins il y en a, mieux c’est. Mais attention, cette vision est trop simpliste. Surtout ici, en Belgique, où le marché a ses propres subtilités.
Quand on parle de kilométrage, ce n’est pas juste un chiffre sur un compteur. C’est le reflet d’une vie. Celle de la voiture, et souvent de son ou ses propriétaires précédents. Pour moi, le kilométrage est un indicateur, pas une sentence. Et pour vous guider, j’ai envie qu’on aborde ensemble ce qu’est un « bon » kilométrage, et comment le contextualiser. On va voir comment L’Importance de l’Historique et du Kilométrage pour votre Voiture d’Occasion est bien plus qu’une simple lecture de compteur.
Kilométrage moyen annuel en Belgique en 2026 : Quelles réalités ?
En 2026, la Belgique continue de voir son parc automobile évoluer. Les habitudes de déplacement changent, le télétravail s’est ancré, et la transition vers des motorisations plus « vertes » progresse. Mais alors, combien de kilomètres une voiture roule-t-elle en moyenne par an chez nous ?
Historiquement, on tourne autour des 13 000 à 15 000 kilomètres par an pour une voiture particulière en Belgique. C’est une moyenne. Mais attention, cette moyenne cache des réalités très différentes. Un véhicule diesel, par exemple, utilisé pour de longs trajets domicile-travail ou par un commercial, va souvent afficher un kilométrage bien plus élevé. On parle facilement de 25 000 à 35 000 km/an. À l’inverse, une petite citadine essence, utilisée principalement pour les courses et les trajets urbains, ne dépassera parfois pas les 8 000 à 10 000 km/an. C’est une distinction fondamentale.
D’après les données de la Fédération belge de l’Automobile et du Cycle (FEBIAC), qui analyse régulièrement le parc automobile belge, on observe ces tendances. Les véhicules professionnels, souvent des diésels ou des hybrides rechargeables, affichent des kilométrages annuels élevés, tandis que les voitures de particuliers, notamment les essences et de plus en plus les électriques, ont des kilométrages plus modérés. Pour une vision plus détaillée, vous pouvez consulter leurs rapports annuels sur le site de FEBIAC. C’est une source fiable pour comprendre les dynamiques de notre marché.
Diesel vs. Essence vs. Électrique : Des chiffres qui diffèrent
- Diesel : Historiquement le champion des gros rouleurs, avec des moyennes souvent au-delà de 20 000 km/an. Cela s’explique par leur efficacité sur de longs trajets et le fait qu’ils étaient privilégiés pour les flottes d’entreprise où la TVA était récupérable.
- Essence : Plus courante pour les petits et moyens trajets, leur kilométrage moyen est plus proche des 10 000 à 15 000 km/an.
- Électrique : Encore relativement jeune sur le marché de l’occasion, leur kilométrage tend à être similaire aux essences, voire légèrement inférieur, surtout pour les citadines. Les gros rouleurs électriques existent, mais sont moins représentés dans les statistiques globales actuelles.
Pour vous aider à situer votre véhicule ou celui que vous convoitez, j’ai préparé un petit tableau indicatif. Gardez en tête que ce ne sont que des moyennes, des ordres de grandeur. Chaque voiture est un cas particulier.
| Type de carburant/motorisation | Type d’utilisation typique | Kilométrage annuel moyen (estimation 2026) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Diesel | Longs trajets, professionnels, flottes | 20 000 – 30 000 km | Un kilométrage élevé n’est pas forcément rédhibitoire si l’entretien suit. |
| Essence | Trajets quotidiens, urbains, régionaux | 10 000 – 15 000 km | Plus le kilométrage est faible, mieux c’est souvent perçu. |
| Hybride (non rechargeable) | Mixte ville/route | 12 000 – 18 000 km | Bénéficie de la récupération d’énergie en ville. |
| Hybride rechargeable | Mixte, avec possibilité de recharger souvent | 15 000 – 25 000 km | Dépend beaucoup de la fréquence des recharges électriques. |
| Électrique | Urbain, périurbain, certains longs trajets | 8 000 – 15 000 km | L’autonomie et les infrastructures de recharge influencent l’utilisation. |
Le Car-Pass belge : Votre bouclier contre la fraude au kilométrage
Parlons d’une spécificité belge. Le Car-Pass. Ce document, c’est votre meilleur ami quand vous achetez une voiture d’occasion. Il est obligatoire pour la vente de toute voiture d’occasion en Belgique. Il reprend l’historique des kilométrages enregistrés lors des passages à l’entretien, au contrôle technique ou chez le garagiste. Son but ? Garantir la véracité du kilométrage affiché. C’est une protection forte contre la fraude au compteur.
Je me souviens d’un client qui avait repéré une voiture à un prix défiant toute concurrence, avec un kilométrage anormalement bas pour son âge et son type. Le vendeur n’avait « pas le Car-Pass sous la main ». Red Flag ! Je lui ai dit : « Pas de Car-Pass, pas d’achat. » Il a bien fait de m’écouter. Sans ce document, on prend un risque énorme. Le Car-Pass, c’est la transparence. Et la transparence, c’est non négociable.
Si vous voulez creuser ce sujet, ce que je vous recommande vivement, lisez notre article Le Car-Pass belge: Votre meilleur allié contre la fraude au kilométrage. C’est une lecture fondamentale avant tout achat.
Au-delà du chiffre : Le contexte du kilométrage
Un kilométrage faible n’est pas toujours synonyme de bonne affaire, et un kilométrage élevé n’est pas nécessairement un problème. C’est là que l’analyse pragmatique entre en jeu.
1. L’historique d’entretien : Le journal intime de votre voiture
Le kilométrage est une indication de l’usage. L’historique d’entretien vous dit comment la voiture a été traitée durant cet usage. Une voiture de 150 000 km avec un carnet d’entretien scrupuleusement rempli, avec toutes les révisions à temps, les pièces d’usure remplacées quand il le fallait, sera souvent plus fiable qu’une voiture de 80 000 km dont l’historique est lacunaire. Pour moi, c’est même plus important que le kilométrage brut. On en parle en profondeur dans notre guide Pourquoi l’historique d’entretien est non négociable pour une voiture d’occasion. N’hésitez pas à le consulter.
2. Le type de trajets : Autoroute vs. Ville
Faire 100 000 km sur autoroute, c’est très différent de faire 100 000 km en ville. Sur autoroute, le moteur tourne à un régime constant, les freins sont peu sollicités, l’embrayage encore moins. L’usure est minimale. En ville, c’est le contraire : arrêts fréquents, sollicitation constante de la boîte de vitesses, du moteur qui chauffe et refroidit, des freins qui s’usent plus vite. Une voiture qui a fait beaucoup d’autoroute, même avec un kilométrage élevé, peut être en excellent état mécanique.
3. Le contrôle technique : Le sésame belge
Le contrôle technique en Belgique est rigoureux. Avant d’être vendue, une voiture d’occasion doit passer un contrôle technique « occasion » qui est plus poussé qu’un contrôle périodique. Ce rapport atteste de l’état du véhicule à un instant T. Il vérifie de nombreux points : freins, suspensions, éclairage, pollution… C’est une garantie supplémentaire. Un véhicule qui vient de passer le contrôle technique avec brio vous donne une bonne indication de son état général.
4. L’impact du Malus Écologique et de la TVA Récupérable
En Belgique, le « malus écologique » (qui peut prendre différentes formes selon les régions et les années, sous forme de taxe de mise en circulation ou de taxe de roulage, souvent liée aux émissions de CO2) a influencé les choix des véhicules neufs, et par ricochet, le marché de l’occasion. Des véhicules moins polluants (et donc moins taxés à l’origine) sont parfois moins sollicités sur de très longs trajets si leur autonomie ou leur confort ne s’y prêtent pas. Ce n’est pas direct sur le kilométrage, mais cela impacte le « profil » des véhicules en circulation.
La TVA récupérable pour les professionnels est aussi un facteur. Une entreprise qui achète un véhicule et peut récupérer la TVA le fera rouler pour amortir l’investissement. Ces véhicules d’entreprise, souvent très bien entretenus car l’immobilisation coûte cher, arrivent sur le marché de l’occasion avec un kilométrage plus élevé. Mais grâce à un entretien méticuleux (factures à l’appui), ils peuvent représenter de très bonnes affaires. Ne fuyez donc pas d’office un kilométrage élevé si la voiture vient d’une flotte professionnelle avec un historique limpide.
Que faire si votre future voiture est « hors norme » ?
Si la voiture que vous avez en vue présente un kilométrage très bas pour son âge (une citadine de 10 ans avec 30 000 km) ou très élevé (une familiale de 3 ans avec 150 000 km), ne paniquez pas. Mais soyez vigilant. C’est l’heure d’être un détective.
- Demandez le Car-Pass : C’est le premier réflexe. Il doit confirmer la cohérence des relevés.
- Examinez l’historique d’entretien : Un faible kilométrage sans entretien régulier peut cacher une voiture qui a stagné, avec des problèmes de joints, de pneus secs, ou de fluides non remplacés. Un kilométrage élevé avec un historique complet est bien plus rassurant.
- Inspectez l’usure générale : L’état de l’habitacle, du volant, du levier de vitesse, des sièges, des pédales doit correspondre au kilométrage affiché. Un volant poli comme un galet sur une voiture de 50 000 km ? Ça sent le roussi.
- Essayez-la : La conduite doit être fluide. Écoutez le moteur, testez les freins, la direction. Faites-la vérifier par un professionnel indépendant si vous avez le moindre doute. Il existe des organismes comme Vroom.be qui peuvent vous conseiller sur ces points.
Le kilométrage n’est qu’un élément du puzzle. Ne vous laissez pas obnubiler par un chiffre. Regardez la voiture dans son ensemble. Son histoire, son entretien, son usage, et son état général. C’est cela qui vous assurera de faire un bon achat, en toute connaissance de cause. Pour nous, votre tranquillité d’esprit, c’est la vraie norme.
