Acheter une voiture d’occasion en Belgique, c’est un peu comme une chasse au trésor. Plein d’opportunités, mais aussi quelques pièges. Le kilométrage, ce chiffre qui s’affiche fièrement au compteur, est souvent le premier critère regardé. C’est compréhensible. On se dit : « Moins de kilomètres, c’est forcément mieux, non ? » Eh bien, pas si vite. Laissez-moi vous dire, l’équation est bien plus complexe que ça. Mon rôle ici, c’est de vous éclairer, de vous donner les clefs pour regarder au-delà de ce simple chiffre. Nous allons démystifier les idées reçues et vous aider à faire un choix vraiment informé. Parce que, je vous le garantis, le kilométrage seul ne raconte jamais toute l’histoire. Il est une pièce du puzzle, importante, certes, mais pas la seule. Il s’inscrit dans un contexte plus vaste que nous avons abordé dans notre guide L’Importance de l’Historique et du Kilométrage pour votre Voiture d’Occasion.
Le Car-Pass belge : votre bouclier anti-fraude
En Belgique, nous avons un outil extraordinaire pour nous prémunir des manipulations de compteur : le Car-Pass. C’est une vraie bénédiction. Depuis 2006, tout véhicule d’occasion vendu doit obligatoirement être accompagné de ce document. Sans lui, la vente est nulle. Point. Le Car-Pass, qu’est-ce que c’est ? C’est un certificat qui reprend l’historique du kilométrage du véhicule, enregistré à chaque passage au garage, au contrôle technique ou chez le dépanneur. Il mentionne aussi la date de ces relevés. Il n’y a pas plus transparent. Ce système est, je l’affirme, l’un des meilleurs d’Europe pour la protection des acheteurs. Je me souviens d’une époque, bien avant 2006, où les compteurs trafiqués étaient monnaie courante. Ce temps-là, heureusement, est révolu chez nous grâce au Car-Pass.
Le kilométrage, terme que nous utilisons souvent, indique la distance totale parcourue par un véhicule. Sur le Car-Pass, vous verrez une séquence logique de ces relevés. Si une irrégularité apparaît – un kilométrage qui diminue subitement, par exemple – c’est une alerte rouge ! Une raison valable pour passer votre chemin, croyez-moi. Les concessionnaires agréés, les garagistes professionnels, tous sont tenus de délivrer un Car-Pass à jour. Exigez-le toujours. C’est votre droit, et votre meilleure protection.
Mythe n°1 : « Plus le kilométrage est faible, meilleure est la voiture »
Voilà une idée reçue qui a la vie dure. Et je dois vous avouer, c’est une erreur de jugement assez répandue. Quand on voit une voiture avec 30 000 km au compteur pour ses 5 ans, on se dit : « Super ! Elle n’a presque pas roulé ! » Oui, et non. Un faible kilométrage n’est pas toujours synonyme de jeunesse éternelle. Une voiture qui dort la plupart du temps au garage, ou qui ne fait que des petits trajets urbains, subit une usure spécifique. Des démarrages à froid répétés, des moteurs qui n’atteignent jamais leur température optimale, des embrayages sollicités à chaque coin de rue… Ce n’est pas idéal.
Une voiture est faite pour rouler, pour que ses pièces mécaniques soient lubrifiées, que les joints ne sèchent pas. J’ai vu des voitures avec peu de kilomètres souffrir de problèmes de joints d’étanchéité moteur, de durites craquelées, ou de batteries à plat parce qu’elles n’étaient pas assez utilisées. Un véhicule qui a fait beaucoup d’autoroute, avec un kilométrage plus élevé (disons 150 000 km en 5 ans), a souvent un moteur moins fatigué qu’une citadine ayant 80 000 km mais n’ayant fait que des trajets courts et intenses en ville. Le type de conduite pèse beaucoup dans la balance. Regardez aussi l’aspect général. Une voiture à faible kilométrage mais dont l’intérieur est abîmé, la carrosserie pleine de coups… ça doit vous faire tiquer.
Mythe n°2 : « Un kilométrage élevé, c’est forcément la fin de vie du véhicule »
Celui-là, il me fait sourire. Beaucoup de gens paniquent à l’idée d’une voiture affichant 150 000 ou 200 000 km. Pourtant, pour de nombreux modèles modernes, c’est à peine le milieu de leur vie ! Surtout si l’entretien a été rigoureux. L’âge d’or des voitures où l’on considérait 100 000 km comme un cap critique est derrière nous, loin derrière. En 2026, les moteurs sont conçus pour tenir bien plus longtemps. Les technologies, les matériaux, les huiles moteur… tout a progressé.
L’important n’est pas le chiffre en lui-même, mais ce qui a été fait tout au long de la vie du véhicule. Une voiture avec 200 000 km mais un carnet d’entretien rempli de tampons, des factures attestant des révisions régulières, des remplacements de pièces d’usure faits en temps et en heure, sera souvent une bien meilleure affaire qu’une voiture à 100 000 km dont l’historique est vague. Un bon entretien prévient beaucoup de problèmes. Nous allons d’ailleurs voir ensemble Comprendre l’usure liée au kilométrage: Ce qu’il faut vérifier sur un véhicule d’occasion pour aller plus loin sur ce point essentiel.
Ce qui compte vraiment : au-delà du simple chiffre
Alors, si le kilométrage n’est pas le seul juge de paix, qu’est-ce qui l’est ? Voici mes critères, ceux que j’applique personnellement quand je cherche un véhicule d’occasion :
L’historique d’entretien complet et limpide
C’est ma priorité numéro un. Exigez le carnet d’entretien, les factures. Un véhicule bien suivi, c’est un véhicule dont on a pris soin. Les vidanges régulières, le remplacement des filtres, la distribution effectuée à temps… tout cela prolonge la durée de vie d’un moteur et des composants. Un propriétaire soigneux, c’est la meilleure garantie.
Le contrôle technique belge : un sésame important
Le contrôle technique est un examen obligatoire en Belgique. Il évalue l’état de la voiture sur des dizaines de points : freins, suspensions, éclairage, pollution, etc. Un véhicule qui passe le contrôle technique sans souci majeur est un gage de sécurité et de fiabilité. Demandez toujours le rapport du dernier contrôle. Il vous donnera une bonne idée des éventuels défauts, même mineurs, ou des « remarques » à surveiller.
L’usure générale du véhicule : l’œil de l’expert
Regardez l’habitacle. Les pédales sont-elles excessivement lisses ? Le volant est-il très usé ? Le siège conducteur est-il déchiré ou très affaissé ? Comparez cette usure visuelle au kilométrage affiché. Un intérieur très fatigué sur une voiture qui affiche 60 000 km, ça sent la fraude ou, à minima, un usage très négligent. Ouvrez le capot. Cherchez les fuites. Écoutez le moteur. Faites un tour d’essai, bien sûr. C’est fondamental.
Le type de moteur et de transmission
Certains moteurs sont réputés plus endurants que d’autres. Les gros diesels, par exemple, supportent souvent très bien les gros kilométrages. Les boîtes de vitesses automatiques modernes sont également très fiables, à condition que les vidanges d’huile aient été faites selon les préconisations du constructeur. Renseignez-vous sur le modèle qui vous intéresse. Chaque marque, chaque moteur a ses particularités. Pour les véhicules plus anciens, les moteurs essence atmosphériques sont souvent des bêtes de somme.
Les répercussions fiscales et assurantielles en 2026
N’oubliez pas les aspects financiers. En Belgique, le malus écologique peut impacter le coût annuel de votre véhicule, surtout s’il est ancien et polluant, peu importe son kilométrage. Pour les professionnels, la TVA récupérable peut être un avantage non négligeable sur l’achat d’un véhicule d’occasion auprès d’un vendeur assujetti. Et bien sûr, votre prime d’assurance. Elle sera influencée par l’âge du véhicule, la puissance, mais rarement par le kilométrage directement. Cependant, un historique d’accident, visible grâce au Car-Pass, peut avoir un impact significatif. D’ailleurs, si vous voulez approfondir ce point, je vous invite à lire notre article Assurance et historique: Comment les antécédents influencent votre prime en Belgique.
Mon conseil personnel : l’anecdote qui change tout
Je me souviens d’un client, il y a quelques années, qui cherchait une voiture familiale. Il était obsédé par le kilométrage, ne voulant rien au-dessus de 100 000 km. On lui a présenté une Volkswagen Passat de 2018 avec 185 000 km, principalement de l’autoroute. Au début, il a grimacé. Mais je l’ai encouragé à la regarder. Le Car-Pass était impeccable, l’entretien avait été fait chez VW chaque année, toujours à temps. Les factures l’attestaient. La voiture était d’une propreté exemplaire, l’intérieur comme neuf, malgré les kilomètres. Il l’a essayée. Elle tournait comme une horloge suisse. Finalement, il l’a achetée. Deux ans plus tard, il roule toujours avec, sans le moindre problème majeur. Le « gros » kilométrage ne l’a pas arrêté, et il a eu raison. Il a fait une affaire, car la voiture était bien moins chère qu’une autre affichant 80 000 km avec un historique moins clair. C’est l’illustration parfaite qu’il faut aller au-delà du chiffre brut.
Conclusion : La vraie valeur est dans le soin
Le kilométrage, je vous le redis, est un indicateur. Un indicateur parmi d’autres. Ne le laissez pas dicter votre décision seul. En Belgique, avec l’outil précieux qu’est le Car-Pass, vous avez déjà une longueur d’avance pour vérifier sa cohérence. Mais la véritable valeur d’une voiture d’occasion réside dans son historique d’entretien, la manière dont elle a été traitée et son état général. C’est ça, le secret. Ne soyez pas piégé par les mythes. Posez les bonnes questions, exigez les documents, et, si le doute persiste, faites expertiser le véhicule. Un bon conseil vaut toujours son pesant d’or pour un achat serein et intelligent. Pour rappel, une compréhension globale de l’historique et du kilométrage est vraiment la base de tout achat réussi. Relisez notre article L’Importance de l’Historique et du Kilométrage pour votre Voiture d’Occasion pour maîtriser tous les aspects.
Sources externes fiables :
